Fermeture annoncée de Canal Olympia au Congo : la fin d’une aventure culturelle
- Excelsior INFO
- 15 oct. 2025
- 2 min de lecture

C’est désormais officiel, l’expérience Canal Olympia au Congo touche à sa fin. Les établissements de Poto-Poto et de Mpita, symboles du renouveau du cinéma national, fermeront leurs portes le 26 octobre 2025. L’information, confirmée par les canaux officiels des deux salles, met un terme à une aventure culturelle de six ans qui avait profondément marqué la vie artistique à Brazzaville et Pointe-Noire.
Cette décision s’inscrit dans le cadre de la rétrocession des infrastructures du groupe Bolloré, propriétaire du concept Canal Olympia, aux autorités locales.
Inauguré en 2019, le premier Canal Olympia du Congo avait suscité un grand espoir pour la relance du cinéma national. Porté par le groupe Bolloré à travers Vivendi, le projet visait à offrir au public africain des salles modernes et accessibles, capables d’accueillir à la fois des projections de films, des concerts, et d’autres événements culturels.
À Brazzaville comme à Pointe-Noire, ces espaces ont rapidement trouvé leur public. Le cinéma de Poto-Poto proposait chaque semaine une programmation variée mêlant films africains, blockbusters internationaux et animations pour enfants, tandis que celui de Mpita, inauguré en 2021, faisait office de vitrine culturelle pour la région côtière.
Selon les informations publiées, la fermeture découle d’une décision de rétrocession des infrastructures aux autorités congolaises. Autrement dit, les salles Canal Olympia seront restituées au pays, sans qu’une suite officielle n’ait encore été annoncée.
Ni le groupe Bolloré, ni les représentants du ministère congolais de la Culture n’ont, pour l’heure, communiqué sur les raisons exactes de cette décision, ni sur le devenir des bâtiments et du matériel. Cette absence de clarté suscite déjà des interrogations parmi les acteurs culturels.
La disparition de Canal Olympia représente une perte importante pour le paysage artistique congolais. Ces cinémas figuraient parmi les rares espaces modernes dédiés à la diffusion d’œuvres cinématographiques, mais aussi à la promotion des artistes locaux.
De nombreux jeunes cinéastes, comédiens et musiciens y voyaient une plateforme d’expression et de visibilité. « C’était un lieu de rencontre et de rêve », témoigne un spectateur fidèle de Poto-Poto. « On pouvait y découvrir des films africains récents et participer à des concerts sans quitter son quartier. »
Sans solution de remplacement annoncée, cette fermeture laisse planer l’inquiétude d’un vide culturel dans les deux plus grandes villes du pays.
Si la rétrocession ouvre la voie à une réappropriation nationale, la question demeure : qui reprendra le flambeau ? Les bâtiments, modernes et bien situés, pourraient être réutilisés par l’État, des opérateurs privés ou des initiatives culturelles locales.
Cependant, la pérennité d’un tel projet nécessiterait des investissements conséquents et une volonté politique forte pour maintenir la dynamique initiée par le groupe Bolloré.
Le 26 octobre 2025 marquera la fin d’un chapitre dans l’histoire récente du cinéma congolais. Canal Olympia aura contribué, pendant six ans, à rapprocher le public du grand écran et à offrir une scène moderne à la culture locale.
Reste à savoir si cette fermeture signera une pause ou une renaissance sous une autre forme. Quoi qu’il en soit, pour de nombreux Congolais, Canal Olympia restera une expérience inédite dans l’univers du divertissement et de la modernité culturelle.
Léna Keïra




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