Congo-Santé publique : l’après-2026 inquiète face à la dépendance aux financements extérieurs
- Excelsior INFO
- 15 déc. 2025
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À l’horizon 2026, le système de santé congolais pourrait être confronté à un choc majeur si des solutions durables ne sont pas rapidement mises en place. Des milliers de personnes vivant avec le VIH et la tuberculose risquent de voir leur prise en charge compromise, dans un contexte de forte dépendance aux financements internationaux.
Lors d’une rencontre consacrée à l’évaluation des appuis du Fonds mondial au Congo, les responsables sanitaires ont alerté sur la fragilité du dispositif actuel d’approvisionnement en médicaments. En l’absence de relais financier national suffisant ou de reconstitution des stocks, près de 24 000 patients pourraient se retrouver exposés à une interruption de traitement, avec des conséquences sanitaires et sociales potentiellement graves.
Au-delà des chiffres, les experts soulignent un enjeu structurel : la persistance des grandes endémies dans le pays. Le VIH continue de progresser, notamment chez les jeunes, tandis que la tuberculose demeure une cause importante de mortalité malgré une couverture thérapeutique annoncée comme complète. Cette situation met en évidence les limites d’un système qui repose encore largement sur l’aide extérieure pour assurer la continuité des soins.
Les partenaires techniques du Fonds mondial appellent ainsi à un changement de paradigme. Il ne s’agit plus seulement de maintenir les acquis, mais d’engager un effort accru de financement domestique, d’intégrer davantage le secteur privé et de renforcer la protection de la mère et de l’enfant dans les politiques de santé publique.
Entre 2024 et 2026, le Congo a bénéficié d’un appui financier conséquent estimé à 90 millions d’euros, permettant d’améliorer plusieurs indicateurs clés liés au VIH, à la tuberculose et au paludisme. Des progrès reconnus par les autorités sanitaires elles-mêmes, qui insistent cependant sur la nécessité de consolider ces résultats sur le long terme.
Face aux incertitudes qui pèsent sur l’avenir des subventions, les acteurs nationaux de la santé et de la société civile préviennent : sans engagement fort de l’État, le pays pourrait voir s’effriter des années d’efforts dans la lutte contre les grandes pandémies. L’enjeu dépasse la simple question budgétaire : il touche au droit fondamental à la santé et à la capacité du Congo à garantir la continuité des soins pour les populations les plus vulnérables.
Léna Keïra




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