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Mexique : La mort d’« El Mencho » plonge le pays dans une nouvelle spirale de violence


L’élimination de Nemesio Oseguera Cervantes, surnommé « El Mencho », marque un tournant majeur dans la lutte contre les cartels au Mexique. Mais loin d’apaiser la situation, sa mort a déclenché une vague de représailles d’une rare intensité dans plusieurs régions du pays.



‎Dimanche, le chef du cartel Cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG) a été abattu lors d’une opération militaire menée dans l’État de Jalisco, avec un appui logistique des États-Unis. Considéré comme l’un des narcotrafiquants les plus puissants du pays, il dirigeait une organisation implantée dans l’ensemble des 32 États mexicains et active bien au-delà des frontières nationales.


‎Dans les heures qui ont suivi l’annonce de sa mort, plusieurs États de l’ouest du Mexique ont été le théâtre d’attaques coordonnées : barrages routiers, véhicules incendiés, commerces fermés, écoles à l’arrêt. Au moins 25 membres des forces de sécurité auraient été tués, ainsi qu’un agent du parquet.



‎Cette flambée de violence semble répondre à une double logique : afficher la capacité de nuisance du cartel face aux autorités, mais aussi régler des comptes en interne. La disparition du leader historique ouvre une lutte de pouvoir entre factions locales, chacune cherchant à s’imposer dans un contexte d’extrême tension.



‎Né en 1966 dans l’État du Michoacán, Nemesio Oseguera Cervantes a bâti son empire criminel en profitant de l’affaiblissement d’autres organisations, notamment le cartel de Sinaloa après l’arrestation de Joaquín Guzmán, dit « El Chapo », en 2016.



‎Le CJNG s’est imposé comme une structure tentaculaire, spécialisée dans le trafic de fentanyl et de méthamphétamine, mais également impliquée dans l’extorsion, la traite d’êtres humains et le blanchiment d’argent via l’économie légale, notamment le secteur touristique et l’agroalimentaire.



‎Sa force ne résidait pas uniquement dans sa puissance financière, mais aussi dans son recours systématique à une violence spectaculaire pour contrôler les territoires stratégiques.



‎Pour la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum, cette opération représente un succès symbolique important. Depuis plusieurs mois, les États-Unis exercent une pression accrue sur le Mexique pour intensifier la lutte contre le trafic de drogues synthétiques, notamment le fentanyl, responsable de milliers de décès outre-frontière.



‎Washington avait même évoqué la possibilité d’actions directes si les autorités mexicaines ne renforçaient pas leurs efforts. En neutralisant « El Mencho », Mexico affirme sa capacité d’action tout en défendant sa souveraineté, même si l’opération a bénéficié d’un soutien américain.



‎Reste à savoir si la disparition de ce chef emblématique affaiblira durablement le CJNG. L’histoire récente montre que l’élimination des leaders de cartels provoque souvent des recompositions internes et des guerres de succession sanglantes plutôt qu’un recul durable de la criminalité.



‎Dans un pays déjà marqué par des années de violence liée au narcotrafic, la mort d’« El Mencho » pourrait ainsi ouvrir une nouvelle phase d’instabilité, où la démonstration de force prime sur toute perspective d’accalmie.








Léna Keïra



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