Congo : Djambala accueille un dialogue stratégique à l’approche du scrutin présidentiel
- Excelsior INFO
- il y a 14 heures
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À quelques semaines de l’élection présidentielle prévue en mars, les autorités congolaises ont lancé, le 16 février à Djambala, une concertation politique de quatre jours destinée à prévenir les tensions électorales et à instaurer un climat plus apaisé.
Cette rencontre réunit des représentants de la majorité présidentielle ainsi que plusieurs figures de l’opposition. L’initiative intervient dans un contexte marqué par la candidature du président sortant Denis Sassou-Nguesso, 82 ans, au pouvoir depuis plus de quatre décennies.
C’est le Premier ministre Anatole Collinet Makosso qui a procédé à l’ouverture officielle des travaux devant un parterre de personnalités politiques et institutionnelles. Dans son intervention, il a insisté sur la nécessité de privilégier le dialogue et la responsabilité collective « La concertation renforce les relations entre les acteurs et crée une synergie politique plus saine, dans une société ainsi rendue plus pacifique. Pour y parvenir, cela exige que nous surmontions nos émotions, nos préjugés et nos intransigeances », a-t-il déclaré.
Selon les organisateurs, cette concertation vise à définir des modalités pratiques capables de limiter les frictions avant, pendant et après le scrutin. L’objectif affiché est d’encourager des mécanismes pacifiques de gestion des différends afin d’éviter toute escalade de tensions.
Si certains acteurs saluent l’initiative, d’autres restent prudents quant à l’application concrète des conclusions qui en découleront. Destin Gavet, candidat du Mouvement Républicain (MR), a exprimé le souhait que les engagements issus des discussions ne restent pas symboliques « Nous souhaitons que les recommandations issues de cette concertation soient automatiquement applicables à l’élection à venir, contrairement à ce que nous avons vu par le passé », a-t-il indiqué.
Cette déclaration illustre une méfiance persistante d’une partie de l’opposition, qui redoute que les conclusions du dialogue ne soient pas suivies d’effets concrets.
Malgré l’ampleur de la rencontre, plusieurs formations politiques n’ont pas pris part aux travaux. L’Union patriotique pour le renouveau national (UPRN), dirigée par Mathias Dzon, a décliné l’invitation du ministère de l’Intérieur, qualifiant l’initiative de « simulacre de dialogue politique ».
Autre absence notable : celle d’Uphrem Dave Mafoula, président du parti Les Souverainistes. Bien qu’il ait déposé sa candidature en tant qu’indépendant, sa formation n’étant pas officiellement agréée, il n’a pas été convié aux échanges.
Ce dialogue, qui s’étend jusqu’au 19 février, devra déboucher sur des recommandations susceptibles d’apaiser le climat politique national. Reste à savoir si les engagements qui en sortiront permettront réellement de renforcer la confiance entre les différents acteurs et d’assurer un processus électoral consensuel.
À moins d’un mois du vote, la dynamique enclenchée à Djambala pourrait jouer un rôle déterminant dans la perception de la crédibilité du scrutin présidentiel de mars.
Léna Keïra




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