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Sénégal : Sonko prend les commandes du Parlement dans un climat de tensions politiques


Quelques jours après son départ de la primature, Ousmane Sonko a été porté à la présidence de l’Assemblée nationale du Sénégal lors d’une séance marquée par l’absence de plusieurs députés de l’opposition. Cette nouvelle étape politique intervient alors que des désaccords apparaissent de plus en plus ouvertement au sein du pouvoir.



Désormais installé au perchoir, l’ancien chef du gouvernement a affirmé vouloir donner davantage de poids au Parlement dans la conduite des affaires publiques. Devant les députés de la majorité, il a défendu l’idée d’un fonctionnement institutionnel plus équilibré, estimant que les grandes orientations du pays devraient être discutées avec les forces politiques représentées à l’Assemblée.



Le leader du Pastef a également regretté que son parti n’ait pas été pleinement associé aux discussions ayant conduit à la mise en place du nouveau gouvernement dirigé par Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô. Malgré ces critiques, il a tenu à saluer les compétences de son successeur, tout en rappelant certaines divergences économiques, notamment sur la question du franc CFA et de l’endettement.



Durant son intervention, Ousmane Sonko a mis en avant plusieurs actions menées lorsqu’il dirigeait le gouvernement : lutte contre la corruption, volonté de transparence sur la dette publique et réformes économiques destinées à assainir la gestion de l’État. Il a aussi assuré que l’Assemblée nationale ne servirait pas uniquement à valider les décisions de l’exécutif, promettant un contrôle parlementaire plus actif.



Cette élection renforce considérablement son influence politique. Avec la majorité détenue par le Pastef au Parlement, son arrivée à la tête de l’institution le place au centre du jeu politique sénégalais, aux côtés du président Bassirou Diomaye Faye.



En face, l’opposition dénonce une procédure contestable. Plusieurs élus ont quitté l’hémicycle pour protester contre ce qu’ils considèrent comme une entorse aux règles parlementaires. Certains responsables parlent même d’une tentative de prise de contrôle des institutions par la majorité présidentielle.



L’évolution des relations entre le président Faye et son ancien Premier ministre attire désormais l’attention des observateurs politiques. Après avoir mené ensemble la conquête du pouvoir, les deux hommes semblent afficher des visions de plus en plus différentes sur l’organisation du pouvoir et la conduite des réformes dans un contexte économique délicat pour le pays.










Léna Keïra

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