Remaniement au sommet de l’État sénégalais : un technocrate à la primature, Sonko attendu au Parlement
- Excelsior INFO
- il y a 9 heures
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Le Sénégal traverse une nouvelle phase politique marquée par une réorganisation rapide des principaux postes institutionnels. Quelques jours après le départ d’Ousmane Sonko de la tête du gouvernement, le président Bassirou Diomaye Faye a confié la fonction de Premier ministre à Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, un économiste issu des milieux financiers publics ouest-africains.
Peu médiatisé jusqu’ici, le nouveau chef du gouvernement s’est construit une réputation dans les domaines de la finance publique, de la régulation bancaire et de la planification économique. Son parcours à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest ainsi que son implication dans les projets stratégiques du programme « Sénégal 2050 » expliquent le choix d’un profil considéré comme méthodique et orienté vers la gestion économique.
Dans ses premières prises de parole, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô a insisté sur la nécessité de préserver la crédibilité financière du pays, dans un contexte où les autorités doivent faire face à une dette publique particulièrement lourde. Le nouveau Premier ministre a également affirmé vouloir poursuivre les engagements défendus par la majorité au pouvoir, notamment autour des questions de souveraineté économique, de transparence administrative et de réformes institutionnelles.
Cette nomination intervient alors que les relations entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye semblaient connaître plusieurs zones de friction depuis des mois. Les désaccords auraient notamment concerné la stratégie économique à adopter face aux partenaires internationaux, en particulier le Fonds monétaire international, mais aussi la gestion de certains dossiers judiciaires liés à l’ancien régime de Macky Sall.
Pendant ce temps, Ousmane Sonko pourrait rapidement retrouver une place centrale sur la scène politique nationale, cette fois au sein de l’Assemblée nationale. Après la démission du président du Parlement, El Malick Ndiaye, plusieurs observateurs estiment que l’ancien Premier ministre est désormais en position favorable pour accéder à la présidence de l’institution.
La majorité parlementaire détenue par le parti PASTEF renforce cette hypothèse. Une telle évolution modifierait l’équilibre du pouvoir au Sénégal en installant Ousmane Sonko à la tête du pouvoir législatif, tandis que Bassirou Diomaye Faye conserverait la présidence et qu’un technocrate piloterait l’action gouvernementale.
Du côté de l’opposition, certaines voix dénoncent déjà une concentration excessive du pouvoir au profit du camp présidentiel. Les critiques portent autant sur la rapidité des changements institutionnels que sur la manière dont ils sont conduits.
Malgré ces tensions, les dirigeants actuels cherchent à afficher une image de stabilité et de continuité, à un moment où les enjeux économiques et sociaux restent particulièrement sensibles pour le pays.
Léna Keïra




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