Sénégal : Abdoulaye Wade célèbre ses 100 ans, entre mémoire politique et reconnaissance nationale
- Excelsior INFO
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Ce 29 mai 2026 marque une date symbolique dans l’histoire du Sénégal : l’ancien président Abdoulaye Wade fête officiellement son centième anniversaire.
Figure majeure de la vie politique sénégalaise durant plus d’un demi-siècle, l’ex-chef de l’État demeure associé à la première alternance démocratique survenue en 2000, après plusieurs décennies de domination socialiste.
À Dakar comme dans plusieurs villes du pays, militants historiques, responsables politiques et simples citoyens saluent l’anniversaire de celui que beaucoup surnomment encore “Me Wade”. Même éloigné du pouvoir depuis 2012, son influence continue de traverser les générations politiques sénégalaises.
Né en 1926 dans le Sénégal encore sous administration coloniale française, Abdoulaye Wade grandit dans un contexte marqué par les luttes pour l’émancipation africaine. Après des études supérieures en France, notamment en droit et en économie, il retourne au Sénégal au début des années 1960 où il exerce comme avocat et enseignant universitaire.
Très tôt, il se distingue dans plusieurs dossiers politiques sensibles et participe activement aux débats sur les institutions du jeune État indépendant. Son engagement finit par prendre une dimension pleinement politique lorsqu’il fonde, en 1974, le Parti démocratique sénégalais, plus connu sous le sigle PDS.
Pendant près de trois décennies, Abdoulaye Wade incarne l’opposition au pouvoir socialiste dirigé successivement par Léopold Sédar Senghor puis Abdou Diouf. Candidat à plusieurs élections présidentielles, il construit progressivement une base populaire solide autour du slogan “Sopi”, signifiant “changement” en wolof.
Le tournant intervient lors de l’élection présidentielle de mars 2000. Opposé au président sortant Abdou Diouf, il remporte le scrutin et devient le troisième président de l’histoire du Sénégal. Cette victoire est alors perçue à travers l’Afrique comme un exemple de transition démocratique pacifique.
Les années Wade restent associées à d’importants projets d’infrastructures, au développement de grands axes routiers et à plusieurs réformes institutionnelles. Son pouvoir a également porté des projets symboliques destinés à promouvoir l’identité africaine, parmi lesquels le Monument de la Renaissance africaine, devenu l’un des emblèmes de Dakar.
Mais son passage au pouvoir a aussi suscité de fortes critiques. Ses opposants lui ont notamment reproché une gouvernance jugée trop personnalisée ainsi que la place prise par son fils, Karim Wade, dans les affaires publiques. Sa candidature à un nouveau mandat en 2012 avait d’ailleurs provoqué d’importantes manifestations dans le pays.
À l’occasion de son centenaire, les autorités sénégalaises ont annoncé plusieurs activités commémoratives prévues après la Tabaski. Le président Bassirou Diomaye Faye souhaite rendre un hommage national à son prédécesseur à travers des cérémonies officielles, des rencontres culturelles et des discussions consacrées à son héritage politique.
Même si les débats autour de son bilan restent présents, beaucoup reconnaissent aujourd’hui le rôle joué par Abdoulaye Wade dans l’évolution démocratique du Sénégal et dans l’installation durable du pluralisme politique dans le pays.
Léna Keïra

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