Reconnaissance du Somaliland par Israël : une décision isolée qui provoque un tollé diplomatique mondial
- Excelsior INFO
- 31 déc. 2025
- 3 min de lecture

La décision d’Israël de reconnaître officiellement le Somaliland comme État indépendant, annoncée le 26 décembre 2025, a provoqué une onde de choc sur la scène internationale. Cette reconnaissance, sans précédent, rompt avec la position largement partagée par la communauté internationale, qui considère le Somaliland comme une région faisant partie intégrante de la République fédérale de Somalie.
Selon les autorités israéliennes, ce choix s’inscrit dans une volonté d’ouvrir une nouvelle phase de coopération politique, économique et sécuritaire avec ce territoire stratégique situé à l’entrée de la mer Rouge et du golfe d’Aden. Une justification qui n’a toutefois pas suffi à apaiser les critiques.
À Mogadiscio, la réaction a été immédiate et sans équivoque. Le gouvernement somalien, soutenu par son Parlement, a dénoncé une décision qu’il qualifie d’atteinte directe à la souveraineté nationale. Pour les autorités somaliennes, aucune reconnaissance internationale ne peut être accordée à une entité issue d’une sécession unilatérale sans l’accord de l’État central.
La Somalie a porté l’affaire devant le Conseil de sécurité des Nations unies, appelant la communauté internationale à faire front commun contre ce qu’elle considère comme une violation manifeste du droit international et une menace potentielle pour la stabilité de la Corne de l’Afrique.
Le Nigeria s’est joint aux pays qui rejettent fermement la reconnaissance israélienne. Dans un communiqué officiel, Abuja a réaffirmé son attachement au respect des frontières internationalement reconnues et à l’unité de la Somalie, rappelant que seule l’autorité légitime de Mogadiscio peut engager le pays sur le plan international.
Cette position reflète une inquiétude largement partagée sur le continent africain : la reconnaissance d’une sécession non consensuelle pourrait ouvrir la voie à d’autres revendications similaires, fragilisant davantage des États déjà confrontés à des défis sécuritaires et politiques internes.
Dans le monde arabe et musulman, la réaction a été coordonnée. Plusieurs pays, dont l’Égypte, l’Arabie saoudite, la Turquie, le Qatar, la Jordanie, le Koweït, l’Iran, la Palestine, la Libye, Oman et le Soudan, ont publié une déclaration commune condamnant la décision israélienne.
Ils y dénoncent une violation flagrante de la souveraineté somalienne et mettent en garde contre les conséquences possibles sur la paix régionale. Des membres influents de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) figurent parmi les signataires, renforçant le poids diplomatique de cette prise de position collective.
L’Union africaine a, de son côté, réaffirmé son attachement au principe de l’intangibilité des frontières héritées de la décolonisation, soulignant que toute reconnaissance unilatérale d’un territoire membre constitue une entorse grave aux règles de l’organisation.
Les puissances occidentales, à l’image du Royaume-Uni et des États-Unis, ont également pris leurs distances avec la décision israélienne. Londres a confirmé qu’il ne reconnaît pas le Somaliland, tandis que Washington a rappelé qu’il continue de considérer la Somalie comme un État souverain dans ses frontières reconnues, malgré le droit d’Israël à mener sa propre politique diplomatique.
La Chine s’est aussi opposée à cette reconnaissance, avertissant contre toute initiative susceptible d’encourager des mouvements séparatistes pour des intérêts stratégiques, au détriment de la stabilité régionale.
Au-delà de la controverse diplomatique, cette reconnaissance soulève des interrogations sur les motivations stratégiques d’Israël dans une zone clé du commerce maritime mondial. Certains observateurs évoquent des calculs géopolitiques liés à la sécurité régionale et aux équilibres au Moyen-Orient, tandis que d’autres spéculations, non confirmées, circulent autour de dossiers sensibles, notamment la question palestinienne.
Quoi qu’il en soit, la reconnaissance du Somaliland par Israël apparaît aujourd’hui comme une initiative largement isolée. Face à un rejet quasi unanime, la communauté internationale continue de soutenir le principe selon lequel la Somalie demeure la seule autorité légitime sur l’ensemble de son territoire, rappelant la primauté du droit international et la nécessité de préserver la stabilité régionale.
Léna Keïra




Commentaires