RDC : Joseph Kabila visé par de lourdes accusations, l'opposition crie au règlement de comptes politique
- Excelsior INFO
- 23 mai 2025
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Le jeudi 22 mai, le Sénat de la République démocratique du a autorisé des poursuites judiciaires contre l’ancien président Joseph Kabila. Il est accusé d’insurrection, de trahison, ainsi que de participation à des crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Une décision qui soulève de nombreuses critiques, dans un pays où l’indépendance de la justice est régulièrement remise en question.
La chambre haute, dominée par la coalition du président Félix Tshisekedi, a validé l’avis d’une commission ad hoc estimant que les faits reprochés à Kabila ne relevaient pas de sa fonction d’ancien chef de l’État — une fonction qui lui garantit une immunité — mais de son statut de sénateur à vie. Plusieurs spécialistes du droit affirment pourtant qu’une telle levée d’immunité aurait nécessité un vote à la majorité des deux tiers du Parlement.
Joseph Kabila, qui a quitté le pays fin 2023 selon son entourage, avait été convoqué cette semaine à Kinshasa pour une "réunion de travail" avec la commission sénatoriale. Il n’a pas donné suite à cette invitation.
Du côté du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), la riposte est immédiate. Ferdinand Kambere, secrétaire général adjoint du parti, dénonce une "mise en scène" destinée à faire diversion face à l’incapacité du gouvernement à ramener la paix dans l’est du pays. Le PPRD, qui avait boycotté les élections de fin 2023, n’a aujourd’hui aucun siège au Parlement.
L’annonce de ces poursuites survient peu après que Joseph Kabila a déclaré dans la presse son intention de revenir bientôt en RDC, évoquant un retour par la région orientale sans préciser le point d’entrée. Depuis, aucune apparition publique ni déclaration officielle n’a confirmé son retour effectif. Entre-temps, les autorités ont mené plusieurs perquisitions dans ses propriétés et suspendu les activités du PPRD.
Pour Ithiel Batumike, chercheur à l’institut congolais Ebuteli, "cette décision est un acte politique, un moyen de fragiliser un adversaire de taille". Malgré son absence, Joseph Kabila conserve une influence non négligeable dans certaines sphères du pouvoir.
Alors que la tension politique monte d’un cran, cette affaire pourrait bien raviver les clivages profonds qui structurent encore la vie politique congolaise.
Léna Keïra




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