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Mali : Assimi Goïta reste au pouvoir sans passer par les urnes

Le général Assimi Goïta, chef de la junte au pouvoir au Mali, va poursuivre son mandat à la tête de l’État sans qu’aucune élection présidentielle ne soit organisée. Une loi adoptée récemment lui confère un mandat de cinq ans renouvelable à volonté.


Le Conseil national de transition (CNT), qui fait office d’organe législatif depuis la prise de pouvoir des militaires, a validé ce 3 juillet 2025 un texte législatif préalablement approuvé en Conseil des ministres le 11 juin. Cette loi officialise le maintien du général Goïta à la présidence jusqu’en 2030, voire au-delà, sans passage par les urnes.


Assimi Goïta, arrivé au pouvoir à la suite de deux coups d’État successifs en 2020 et 2021, avait initialement promis un retour à un régime civil au plus tard en mars 2024. Cette nouvelle orientation politique marque un tournant radical, abandonnant définitivement la voie électorale dans un avenir proche.


La prolongation de la transition militaire s’appuie sur les recommandations issues d'une concertation nationale tenue fin avril, organisée sous l’égide du régime. Ces assises, largement soutenues par les proches du pouvoir mais rejetées par la majorité des partis politiques, ont suggéré un prolongement de la présidence militaire sans élection. Elles ont également proposé la dissolution des partis politiques et des restrictions sur leur création, mesure entérinée par un décret présidentiel en date du 13 mai.


Malick Diaw, président du CNT, a qualifié l’adoption de cette loi de "progrès important dans la refondation du pays", affirmant qu’elle répondait à la "volonté populaire" exprimée lors des assises.


Cependant, cette consolidation du pouvoir militaire intervient alors que le pays fait face à une recrudescence des violences djihadistes. Le 1er juillet, plusieurs attaques coordonnées ont visé des positions de l’armée dans l’ouest du Mali, notamment dans les localités de Kayes, Nioro du Sahel, Niono, Molodo, Sandaré, Gogui et Diboli. Un calme fragile régnait le lendemain, selon des autorités locales.


Cette décision consacre de fait un nouveau régime autoritaire dans ce pays sahélien plongé dans une instabilité sécuritaire et politique persistante.





Léna Keïra

 
 
 

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