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Lutte contre le blanchiment d’argent : le GABAC renforce les capacités des cellules de renseignement financier à Brazzaville

Dans le cadre de son plan stratégique 2025-2027, le Groupe d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique Centrale (GABAC) a lancé, depuis le 21 avril à Brazzaville, un atelier de formation destiné aux experts des cellules de renseignement financier (CRF). Cette initiative vise à intensifier la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération, des phénomènes qui freinent le développement socio-économique du continent.


« Nous avons des points focaux que nous appelons cellules de renseignement financier. En Afrique centrale, nous les appelons ANIF, Agence Nationale d'Investigation Financière. Il faut donc renforcer les capacités opérationnelles de ces agents-là, qui traitent ce que nous appelons les déclarations de soupçons. Lorsqu'une opération suspecte est détectée, les ANIF enrichissent les dossiers, rédigent des rapports et les transmettent au procureur de la République ou aux officiers de police judiciaire, pour approfondir l’enquête. Si le soupçon est confirmé, des poursuites peuvent être engagées. Comme les techniques évoluent, il est essentiel de rester à jour », a indiqué M. André Kanga, secrétaire permanent du GABAC.


Le renforcement des capacités humaines est au cœur de cette démarche. Durant cinq jours, les participants – informaticiens et analystes venus des États membres et associés – se pencheront sur les outils et techniques leur permettant de détecter efficacement les flux financiers illicites. L’objectif est de transformer les données recueillies en informations exploitables et fiables pour les enquêtes financières.

L’économie informelle et les circuits financiers illégaux représentent une menace croissante pour la stabilité économique de l’Afrique. Face à cette réalité, le GABAC encourage une coopération renforcée entre les États, mais aussi une plus grande autonomie opérationnelle des CRF. Bien que placées sous la tutelle administrative des ministères des Finances, ces cellules disposent d’un pouvoir indépendant dans le traitement et la transmission des dossiers.


« Des études ont été menées dans tous les pays de la sous-région. Le taux de blanchiment est élevé. Il peut s’agir de détournements, de fonds publics dissimulés, ou encore de trafics de drogue. Le financement du terrorisme, lui, atteint un niveau moyen. Quant à la corruption, elle est systémique. Tout cela réduit la trésorerie de l’État et l’empêche de remplir ses missions régaliennes : construire des hôpitaux, des écoles, des routes, assurer la sécurité aux frontières, équiper l’armée... Si l’État est privé de moyens financiers, il devient difficile pour lui d’assumer ses responsabilités. Cet atelier doit permettre aux experts de mieux se doter face à ces défis », a ajouté le secrétaire général.


Cette formation pourrait, à terme, améliorer la performance des CRF, accroître la transparence financière et optimiser l’utilisation des ressources publiques. En renforçant les compétences des experts, le GABAC espère contribuer à réduire les indices de corruption et à bâtir des économies plus résilientes.






Léna Keïra

 
 
 

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