Le Canada reconnaît la Palestine, Trump sort les tarifs douaniers
- Excelsior INFO
- 1 août 2025
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Une nouvelle friction oppose Washington à Ottawa, alors que le président américain Donald Trump a vertement critiqué l’annonce du Canada d’envisager la reconnaissance de l’État palestinien. L’ancien homme d’affaires devenu président n’a pas tardé à faire le lien entre ce geste politique et les négociations commerciales en cours entre les deux pays.
Le premier ministre canadien Mark Carney a annoncé mercredi que son gouvernement compte officiellement reconnaître l’État palestinien d’ici le mois de septembre. Cette déclaration s’inscrit dans une dynamique internationale de remise en question du statu quo dans le conflit israélo-palestinien, particulièrement après les violences récurrentes à Gaza.
Mais du côté américain, la réaction ne s’est pas fait attendre. Donald Trump a utilisé ses plateformes numériques pour dénoncer cette initiative, y voyant une menace directe à la signature d’un nouvel accord commercial avec le Canada. « Oh! Canada! », a-t-il ironisé, tout en avertissant que cette reconnaissance « compliquerait grandement » les discussions bilatérales.
Le contraste est frappant avec l’attitude plus mesurée que le président républicain a adoptée à l’égard d’autres alliés occidentaux. Il a notamment évité toute critique envers Keir Starmer, nouveau premier ministre du Royaume-Uni, qui a exprimé une ouverture similaire, ou encore envers Emmanuel Macron, dont la position pro-palestinienne n’a pas suscité de représailles verbales.
Cette sévérité à l’égard du Canada intervient dans un climat de relations déjà tendues. Trump, coutumier des déclarations provocatrices, a même évoqué dans le passé l’idée que le Canada devienne le 51e État américain — une provocation de plus dans une série de tensions commerciales et diplomatique.
Pour exercer une pression concrète, Trump brandit une nouvelle fois la menace des tarifs douaniers. Il a évoqué la possibilité d’imposer une taxe de 35 % sur certains produits canadiens si un accord n’est pas conclu d’ici vendredi. Des menaces similaires visent d’autres pays, y compris le Brésil, dans un contexte où Trump lie souvent politique étrangère et mesures économiques punitives.
Bien que les échanges entre les deux voisins soient en partie encadrés par l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), ce traité doit faire l’objet d’une renégociation en 2026. Le président américain semble vouloir utiliser cette échéance comme levier stratégique.
Trump, qui reste prudent sur la question de la reconnaissance d’un État palestinien, argue que cela pourrait « récompenser le Hamas », en référence à l’attaque du 7 octobre 2023 contre Israël. Ce positionnement résonne avec sa proximité historique avec le gouvernement de Benyamin Nétanyahou, mais tranche avec le ton plus modéré employé envers d’autres partenaires.
L’évolution de la position canadienne s’inscrit dans un rééquilibrage plus large des voix occidentales concernant le conflit israélo-palestinien. Le geste symbolique de reconnaissance de la Palestine par Ottawa vise à affirmer une approche diplomatique plus critique à l’égard des politiques israéliennes dans les territoires occupés.
Alors que le Canada s’engage dans une voie diplomatique nouvelle au Proche-Orient, Donald Trump choisit la confrontation, mêlant politique, commerce et géopolitique. Une stratégie qui soulève des questions sur l’avenir des relations bilatérales et sur le rôle que les puissances occidentales entendent jouer dans la résolution du conflit israélo-palestinien.
Léna Keïra




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