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L’inclusion financière, levier de transformation économique au cœur du Woman Economic Forum 2025

À Brazzaville, elles étaient nombreuses à répondre à l’appel du Woman Economic Forum 2025, placé sous le haut patronage de la Première dame du Congo, Antoinette Sassou N’Guesso. Pendant trois jours, ce rendez-vous s’est imposé comme une tribune d’action où se redessine le visage d’une économie congolaise plus juste et plus participative.


L’ouverture du forum a donné le ton : au-delà du thème « Genius, inclusion financière », c’est la question de l’accès équitable aux ressources économiques qui a dominé les échanges. Pour Blandine Malila, directrice de cabinet de l’épouse du chef de l’État, cette bataille dépasse la simple question de genre

« Chaque fois qu’une femme est empêchée d’accéder aux instruments financiers, ce n’est pas seulement une vie qui se referme, c’est toute une société qui se prive d’élan, d’innovation et de croissance ».


Un message fort, dans un pays où les femmes représentent une grande part du tissu entrepreneurial, mais demeurent souvent exclues des circuits bancaires traditionnels.


L’événement, organisé par la Chambre nationale des femmes cheffes d’entreprises et entrepreneures du Congo (CNFCEC) en partenariat avec le Pnud et le ministère des Petites et moyennes entreprises, a voulu aller au-delà du constat. Pour sa présidente, Flavie Lombo, il s’agit désormais de transformer les discours en politiques concrètes

« Ce cadre de partage et de plaidoyer permettra de formuler les recommandations en vue d’améliorer la question de l’inclusion financière, de l’entrepreneuriat féminin dans notre pays ».


La représentante du Pnud, Adama-Dian Barry, a rappelé la nécessité de faire sauter les obstacles persistants « Les barrières financières alors que moins de 10 % de prêts bancaires atteignent les femmes ainsi que les stéréotypes, l’exclusion des chaînes de valeur, le manque d’appui technique ».

Elle a appelé les participantes à renforcer les réseaux de solidarité économique, considérés comme un outil d’autonomisation durable.


De son côté, le ministre du Développement industriel et de la Promotion du secteur privé, Nicéphore Fylla Saint-Eudes, a salué l’engagement de ces femmes, tout en appelant les institutions bancaires à un changement de culture. Il les a invitées à assouplir les procédures pour permettre aux entrepreneures d’accéder plus facilement au crédit.


Le ministre a également promis de travailler de concert avec la CNFCEC pour transformer les initiatives du forum en leviers économiques tangibles.


Le cœur du forum, c’est aussi le programme Genius, symbole d’une inclusion financière en action. Mis en œuvre à Brazzaville, Pointe-Noire, Oyo, Dolisie et Ouesso, il accompagne les entrepreneures artisanes, commerçantes et agricultrices dans le développement de leurs projets.


Ce dispositif prévoit la formation de mille femmes en incubation sur trois mois et de deux cents autres en accélération sur un mois, avec pour objectif de faciliter l’accès au financement, aux marchés et aux outils numériques.


Le Woman Economic Forum n’est plus seulement un lieu d’échanges ; il devient un laboratoire d’idées et d’initiatives concrètes. En redonnant aux femmes les moyens de participer pleinement à l’économie, il amorce une transformation silencieuse mais profonde.


Car, comme l’a résumé une participante, « quand une femme avance, c’est toute la communauté qui se met en mouvement ».




Léna Keïra

 
 
 

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