Diplomatie: Les missions diplomatiques congolaises en péril faute des ressources.
- Excelsior INFO
- 22 déc. 2024
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Le 20 décembre à Brazzaville, lors d’une séance de questions orales au Sénat, le ministre des Affaires étrangères de la Francophonie et des Congolais de l’étranger, Jean-Claude Gakosso, a présenté un état des lieux préoccupant des missions diplomatiques congolaises, affectées par des contraintes budgétaires sévères. Il a notamment souligné que la suspension des crédits de fonctionnement prévus dans le budget de l'État met gravement en péril les activités des ambassades et des délégations permanentes.
Face aux contraintes budgétaires imposées par la situation économique actuelle du pays, le ministre a précisé les conséquences directes sur le financement des missions diplomatiques, « Du fait de la situation financière que traverse le pays, les crédits annuels, fixés à 7,2 milliards de Fcfa pour l’exercice 2024, sont majoritairement absorbés par les charges locatives, qui représentent 65 % de ces ressources », a indiqué le ministre. Cette répartition des fonds empêche plusieurs missions diplomatiques, en particulier celles de Tokyo, Pékin et Addis-Abeba, de régler leurs loyers.
La crise financière impacte également le personnel diplomatique, qui se retrouve dans une situation difficile. « Entre 2022 et 2024, sur les 94 diplomates rappelés au pays pour cause de retraite ou de fin de mission, seuls 19 ont pu regagner le Congo. Les autres restent bloqués à l’étranger faute de ressources financières », a expliqué le ministre Jean-Claude Gakosso. Les caisses d’avance prévues pour les dépenses liées à ces missions ont même été annulées en raison du manque de paiement.
Le ministre a aussi fait état de dettes importantes envers les sociétés en charge de la gestion du patrimoine et des effets personnels des diplomates, telles que HGS Congo et STI. Ces impayés, qui s’élèvent à 1,785 milliard de Fcfa, ont conduit ces entreprises à engager des actions judiciaires contre l’État congolais à Brazzaville et à Paris, renforçant ainsi la pression sur le gouvernement.
Cette situation met en lumière les difficultés financières croissantes des missions diplomatiques congolaises, dont le fonctionnement est sérieusement compromis par l’absence de ressources nécessaires à leur gestion quotidienne.
Léna Keïra




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