À Faro, l’avion oublié de Jean-Pierre Bemba finit par être saisi
- Excelsior INFO
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Il est resté là, immobile, pendant près de vingt ans. Sur le tarmac de l’aéroport de Faro, au Portugal, un Boeing vieillissant s’est lentement détérioré, loin de son pays d’origine et de son propriétaire. Aujourd’hui, cet avion lié à Jean-Pierre Bemba vient d’être officiellement saisi par les autorités portugaises.
Pendant des années, l’appareil n’était qu’un vestige silencieux d’une autre époque. Celle où son propriétaire faisait face à des poursuites devant la Cour pénale internationale. Immobilisé dans ce contexte judiciaire en 2008, l’avion n’a jamais quitté le sol portugais.
Avec le temps, ce stationnement prolongé s’est transformé en problème administratif puis financier. Les autorités portugaises ont fini par sommer le propriétaire de récupérer l’appareil et de régler des frais accumulés pendant près de deux décennies.
Mais faute de réaction dans les délais imposés, la décision est tombée : l’avion est désormais considéré comme abandonné et passe sous contrôle des autorités.
Ironie de l’histoire, Jean-Pierre Bemba a été acquitté en 2018. Pourtant, cet avion, lui, est resté prisonnier des conséquences de cette période judiciaire.
Ses proches estiment que la responsabilité revient à la justice internationale, à l’origine du gel des biens. Une position qui soulève une question délicate : qui doit assumer les conséquences matérielles d’une procédure, lorsque celle-ci se termine sans condamnation ?
Plus qu’un simple avion, ce Boeing raconte une histoire faite de procédures longues, de décisions administratives et de temps qui passe sans solution claire.
À Faro, il ne reste désormais qu’un appareil usé, devenu symbole d’un dossier où justice, politique et bureaucratie se sont entremêlées pendant près de vingt ans.
Léna Keïra




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