Une réception présidentielle qui vire au malaise diplomatique
- Excelsior INFO
- 19 juin 2025
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Ce mercredi 18 juin, la Maison Blanche a connu une scène improbable mêlant sport, politique et polémiques sociétales. Alors que le président des États-Unis, Donald Trump, recevait les joueurs de la Juventus Turin dans le mythique Bureau ovale pour discuter de la Coupe du monde des clubs 2025, l’événement a rapidement pris une tournure inattendue.
Officiellement, la rencontre devait célébrer la présence du club italien sur le sol américain et marquer un soutien à l’organisation du tournoi international. Étaient également présents plusieurs officiels, dont le président de la FIFA, Gianni Infantino, et Damien Comolli, désormais haut responsable au sein du football européen.
Mais c’était sans compter l’intervention très politique du chef d’État américain. Connu pour ses propos controversés, Donald Trump n’a pas tardé à s’écarter du thème initial. Interrogé par les journalistes sur l’Iran et les tensions nucléaires au Moyen-Orient, il a répondu par une digression virulente, évoquant tour à tour Joe Biden, l’immigration illégale et les questions de transidentité dans le sport.
Dans une séquence jugée embarrassante par plusieurs témoins, le président s’est soudain tourné vers les milieux de terrain Manuel Locatelli et Weston McKennie, leur demandant avec un sourire
"Alors les gars, vous accepteriez une femme dans votre équipe ? Une femme transgenre, par exemple ?"
Les deux joueurs, visiblement pris de court, ont préféré rester silencieux. Trump, enchaînant sans attendre, s’est alors adressé à Damien Comolli :
"Et vous, monsieur le directeur, vous en pensez quoi ? Vous devez avoir une opinion là-dessus !"
Comolli, dans un effort pour éviter la polémique, a répondu prudemment :
"Nous avons une excellente section féminine, très performante."
Ce à quoi Trump a répliqué avec ironie :
"Je n’en doute pas. Mais elles devraient jouer uniquement contre des femmes, pas vrai ? Vous voyez, ils sont tous très diplomates."
Ce n’est pas la première fois que Donald Trump affiche sa fermeté sur la question des athlètes transgenres. Réinstallé à la tête du pays depuis janvier 2025, il a rapidement signé un décret interdisant aux sportives transgenres de concourir dans les catégories féminines, affirmant vouloir « protéger l’intégrité du sport féminin ».
Malgré les critiques venues des milieux sportifs et des associations de défense des droits humains, Trump continue de marteler son opposition aux politiques d’inclusion mises en place sous les administrations précédentes. Et cette réception qui devait être apolitique en est devenue une illustration saisissante.
Selon plusieurs journalistes présents, l’atmosphère dans le Bureau ovale s’est figée au fil des propos du président. Ni Infantino, ni les membres de l’équipe turinoise ne se sont exprimés publiquement sur ce moment de flottement, mais les regards gênés et les silences lourds ont trahi un profond inconfort.
Si cette séquence risque de faire grand bruit dans les médias, elle témoigne surtout d’un climat politique américain où sport, idéologie et communication présidentielle s’entrelacent de plus en plus.
Léna Keïra




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