Sénégal : une réforme institutionnelle controversée provoque une vive confrontation à l’Assemblée nationale
- Excelsior INFO
- il y a 11 heures
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L’examen d’un projet de révision constitutionnelle a donné lieu à une séance particulièrement agitée au Parlement sénégalais, lundi 29 juin. Les débats ont été marqués par l’expulsion du député de l’opposition Abdou Mbow, farouche opposant à un texte qui entend redistribuer certains équilibres entre les institutions du pays.
Au cours de la séance, l’élu a dénoncé ce qu’il considère comme une transformation profonde du fonctionnement de l’État. Son intervention, ponctuée de critiques virulentes contre la majorité parlementaire issue du parti Pastef, a provoqué de fortes tensions dans l’hémicycle. Refusant de céder la parole après son discours, il a finalement été escorté hors de la salle par les forces de sécurité, sous les protestations d’une partie des députés.
Le projet de réforme, porté par la majorité, s’inscrit dans la continuité des réflexions engagées à la suite des consultations nationales menées ces dernières années sur la gouvernance et le fonctionnement des institutions. Ses promoteurs affirment vouloir moderniser le cadre institutionnel et renforcer les mécanismes de contrôle démocratique.
Parmi les changements envisagés figure une limitation du pouvoir présidentiel de dissoudre l’Assemblée nationale, désormais encadré à une seule utilisation par mandat. Le texte prévoit également un renforcement des obligations de transparence du chef de l’État à travers des déclarations de patrimoine en début et en fin de mandat.
Le Parlement verrait aussi ses compétences élargies. Les commissions d’enquête disposeraient de nouveaux moyens d’investigation, tandis que le gouvernement serait tenu de mieux informer les députés sur les accords liés à l’exploitation des ressources naturelles et aux investissements stratégiques.
La réforme entend par ailleurs accroître le rôle du Premier ministre dans la conduite des affaires publiques. La définition des grandes orientations nationales serait désormais élaborée conjointement avec le président de la République, introduisant une répartition plus équilibrée des responsabilités au sommet de l’exécutif.
Autre innovation notable : la création d’une Cour constitutionnelle composée de neuf membres, chargée de veiller au respect de la Loi fondamentale. En revanche, les règles relatives à l’élection présidentielle et à la limitation des mandats ne seraient pas modifiées.
Face à ces propositions, plusieurs formations politiques dénoncent une refonte institutionnelle majeure menée sans consultation populaire directe. Elles estiment qu’un référendum aurait dû être organisé afin de permettre aux citoyens de se prononcer sur ces changements.
La majorité parlementaire, de son côté, défend une réforme jugée nécessaire pour concrétiser les conclusions des différents dialogues nationaux. Selon ses responsables, le temps est venu de traduire les recommandations issues des concertations en dispositions législatives effectives.
Ce débat intervient alors que la scène politique sénégalaise est traversée par des interrogations sur les rapports entre le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, devenu président de l’Assemblée nationale après son départ de la Primature. Malgré des divergences reconnues sur certaines orientations, les deux dirigeants assurent vouloir préserver la stabilité des institutions et poursuivre leur action commune à la tête du pays.
Léna Keïra



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