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Référendum constitutionnel au Gabon : les résultats validés par une large majorité.


Le 16 novembre 2024, les Gabonais se sont rendus massivement aux urnes pour approuver la nouvelle Constitution proposée par le régime militaire du général Brice Oligui Nguema, après la chute du pouvoir Bongo. Selon les résultats provisoires publiés par le ministère de l’Intérieur, 91,8% des électeurs ont voté en faveur de la réforme, un score écrasant qui marque un tournant majeur pour le pays. Cependant, la participation s'est limitée à 53,54%, bien en-deçà des premières projections qui tablaient sur un taux de 71%.

 


Le référendum s'inscrit dans un contexte particulier, un peu plus d’un an après le coup d'État du 30 août 2023, qui a renversé la famille Bongo, au pouvoir depuis 55 ans. La nouvelle Constitution, qui comporte 173 articles, instaure notamment un mandat présidentiel de sept ans renouvelable une seule fois et renforce les prérogatives du président, avec un régime présidentiel sans Premier ministre. Une des mesures phares est l'absence de transmission dynastique du pouvoir, une revendication populaire forte après des décennies de régimes successifs Bongo.

 


L'un des points les plus symboliques de la réforme est l'article 2, qui légitime la prise de pouvoir de la junte militaire dirigée par le général Oligui, et marque la célébration d'une « fête de la libération », inscrite désormais dans le calendrier national. Ce texte, fruit d’un dialogue national mené au printemps 2024, vise à poser les bases d’un nouveau départ pour le pays, riche en ressources naturelles mais confronté à une dette importante.

 


Le rôle du général Oligui Nguema et l’avenir politique du Gabon


Ce référendum, tant attendu par le peuple gabonais, est perçu comme un préambule à un changement plus profond du système politique. Le général Brice Oligui Nguema, au pouvoir depuis le putsch de 2023, a promis de rendre le pays aux civils après une période de transition. Cependant, ses ambitions présidentielles sont clairement affichées, notamment par la mise en place d’une élection présidentielle prévue en août 2025. Lors d’une allocution récente, Oligui a réaffirmé son engagement pour l’avenir du Gabon : « Nous sommes là pour construire le pays. Et ce pays, on va le construire ensemble », a-t-il déclaré, soulignant l’importance de l’unité nationale pour relever les défis économiques et sociaux du pays.

 


Le général a insisté sur l’importance de la réconciliation nationale et de la transparence, en soulignant que le Gabon devait tirer parti de ses richesses pour offrir un avenir meilleur à sa population. Cependant, le manque de participation électorale et les critiques sur la gestion de la transition laissent entrevoir des tensions sous-jacentes qui pourraient influencer les élections futures.

 


Sécurité et transparence lors du référendum

 

Le processus électoral s’est déroulé sans incident majeur, grâce à une organisation renforcée et un dispositif de sécurité strict. Le couvre-feu, instauré depuis le coup d'État, a été maintenu et réaménagé pendant le référendum, avec des horaires de minuit à 5 heures du matin. La présence d’observateurs internationaux, au nombre d’une trentaine, a été soulignée comme un gage de transparence par les autorités.

 


À présent, la Cour constitutionnelle devra valider ces résultats, avant que la transition ne s’oriente vers la prochaine élection présidentielle. Reste à savoir si le général Oligui saura concrétiser ses promesses de changement tout en répondant aux attentes d’une population qui espère une véritable alternance démocratique après plusieurs décennies d’un régime autoritaire.





 

Léna Keïra

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