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Relance du corridor fluvial Congo-Oubangui : l'UE s'engage pour la réhabilitation des infrastructures et le développement économique

Le 8 novembre 2024, les autorités des pays concernés se sont réunies à Brazzaville pour discuter sur cette problématique , avec l’appui de l'Union européenne (UE) qui a récemment présenté un rapport préliminaire sur une assistance technique visant à relancer ce corridor stratégique. En effet, le transport fluvial sur le corridor Congo-Oubangui, qui relie les deux Congo et la République centrafricaine, souffre d’un manque flagrant d'infrastructures adaptées et d'une connectivité insuffisante entre les rives, freinant ainsi les échanges commerciaux et la dynamique économique dans la région.


La voie fluviale, reliant Pointe-Noire, Brazzaville, Kinshasa et Bangui, a longtemps joué un rôle clé dans l’approvisionnement des grandes villes et dans le maintien des activités économiques des communautés riveraines. Cependant, l’état dégradé des infrastructures portuaires, des quais et des équipements de dragage ainsi que le manque d’entretien des canaux ont considérablement réduit le trafic. Ce déclin a des répercussions directes sur la survie des villages côtiers et des économies locales.


Le rapport préliminaire de l’UE a permis de dresser un état des lieux et d'identifier les projets à développer pour revitaliser le corridor fluvial. Selon Torben Nilsson, chargé d’affaires de l’UE, l’objectif est d’améliorer les infrastructures, de renforcer la coopération entre les États riverains et d'encourager les échanges commerciaux. Ces initiatives devraient contribuer à la création d’emplois, à la réduction de la pauvreté et à la stimulation des économies locales.


L'UE entend également soutenir ces efforts dans le cadre de sa stratégie "Global Gateway", qui vise à promouvoir un développement durable en Afrique en mobilisant des investissements privés respectant les normes sociales et environnementales. À cet égard, l’UE a annoncé un financement ambitieux de 300 milliards d'euros d’ici 2027, dont la moitié sera allouée au continent africain pour soutenir des projets d'infrastructure de qualité.


Les autorités locales, notamment le ministère congolais de l’Économie fluviale, sont conscientes des besoins immenses pour réhabiliter le corridor. Parmi les priorités figurent la construction de nouveaux navires, la réhabilitation des quais existants et la remise en état de ports secondaires tels que ceux de Mossaka, Impfondo et Ouesso. Le ministre Guy Georges Mbaka a exprimé son optimisme quant à l'intérêt croissant de l'UE pour ce projet et a souligné que les propositions reçues seront étudiées en vue de leur concrétisation.


Par ailleurs, un autre défi majeur est l’ensablement récurrent des voies fluviales, qui perturbe chaque année le transport sur ce corridor. Les autorités centrafricaines, représentées par Eric Rekosse Kamot, ministre de l'Équipement et des Travaux publics, ont salué l’engagement de l'UE dans la revitalisation de ce corridor stratégique. M. Rekosse Kamot a rappelé que des initiatives similaires avaient déjà été mises en œuvre par le passé, mais qu'un soutien renouvelé était essentiel pour restaurer la navigabilité du fleuve et relancer les échanges commerciaux.


En somme, ce projet de réhabilitation, soutenu par l'UE, est un levier important pour revitaliser une région qui dépend largement du transport fluvial pour sa survie économique. Reste à savoir comment les États concernés mettront en œuvre ces projets, une fois les études préliminaires achevées, afin d’assurer la pérennité et la durabilité de cette initiative.






Léna Keïra

 
 
 

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