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RDC : Tshisekedi entretient le débat sur l’après-2028 et la réforme constitutionnelle


Lors d’un échange de plusieurs heures avec la presse à Kinshasa, le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a abordé plusieurs dossiers sensibles liés à l’avenir politique du pays, à la sécurité dans l’Est et aux partenariats économiques internationaux.



‎Alors que la Constitution congolaise limite le chef de l’État à deux mandats, Félix Tshisekedi n’a pas fermé totalement la porte à une éventuelle continuité au pouvoir après 2028. Le président a affirmé ne pas être demandeur d’un troisième mandat, tout en laissant entendre qu’il pourrait répondre favorablement à une volonté populaire exprimée dans ce sens.



‎Cette prise de position a immédiatement suscité des réactions dans les milieux politiques et universitaires. Plusieurs analystes rappellent qu’en RDC, l’alternance après deux mandats est devenue un principe fortement défendu depuis des années, bien au-delà du seul cadre juridique.



‎Le chef de l’État a également évoqué la possibilité d’une réflexion autour de la Constitution. Sans annoncer officiellement une révision du texte fondamental, il a insisté sur la nécessité d’aborder toute réforme avec prudence et responsabilité.



‎Pour une partie de l’opinion, l’idée d’un changement constitutionnel alimente les soupçons d’une stratégie visant à modifier les règles de limitation des mandats. D’autres observateurs estiment cependant qu’une réforme institutionnelle pourrait être discutée sans forcément remettre en cause le calendrier politique actuel.



‎Le président congolais a défendu le partenariat conclu avec les États-Unis autour des ressources minières stratégiques de la RDC. Selon lui, cet accord doit permettre au pays de développer la transformation locale des minerais et de créer davantage d’emplois.



‎Mais certains experts dénoncent un accord déséquilibré qui risquerait d’accroître l’influence américaine sur des secteurs clés de l’économie congolaise. Les critiques portent notamment sur le lien entre coopération sécuritaire et exploitation des ressources naturelles.



‎Sur la situation sécuritaire, Félix Tshisekedi a reconnu que les efforts diplomatiques engagés dans le cadre des discussions de Doha progressent difficilement. Le cessez-le-feu demeure fragile et plusieurs engagements annoncés n’ont pas encore été concrétisés.



‎Le président a une nouvelle fois accusé le Rwanda de soutenir les rebelles du M23, tout en affirmant privilégier désormais les démarches diplomatiques pour tenter de stabiliser l’Est du pays.



‎Concernant les élections prévues en 2028, le chef de l’État a indiqué que la persistance de la guerre dans certaines provinces pourrait compliquer l’organisation normale du scrutin. Il a toutefois assuré qu’il ne s’agissait pas d’une volonté de suspendre le processus démocratique.



‎Ces déclarations interviennent dans un climat politique déjà tendu, où les débats autour de la succession présidentielle, de la sécurité nationale et des réformes institutionnelles occupent une place centrale dans la vie publique congolaise.







Léna Keïra

 
 
 

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