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RDC : le dialogue national se précise, le pouvoir attendu sur les gestes d’apaisement


L’annonce d’un dialogue national inclusif en République démocratique du Congo commence à produire ses premiers effets sur la scène politique. Alors que les contours de cette future concertation restent encore à définir, la question des conditions dans lesquelles elle doit se tenir s’impose déjà au centre des discussions.



Le processus a été enclenché le 17 juillet dernier. Ce jour-là, le président Félix Tshisekedi a fait part de son accord pour l’organisation d’un dialogue national, à l’issue d’un échange avec les représentants des principales confessions religieuses. Ces derniers ont été appelés à accompagner la démarche.



L’opposition veut des garanties

Depuis cette annonce, une partie de la classe politique estime que la réussite de la future concertation dépendra d’abord du climat dans lequel elle sera préparée.



L’opposant Delly Sesanga a notamment appelé à des mesures susceptibles de rétablir la confiance entre le pouvoir et ses adversaires. Il cite parmi les dossiers à traiter la situation de personnes détenues ainsi que celle de Congolais dont les passeports ont été retirés ou qui rencontrent des difficultés pour en obtenir.



Cette revendication traduit une préoccupation plus large : éviter que le dialogue ne soit uniquement une rencontre politique sans règlement préalable des tensions qui opposent depuis plusieurs années le pouvoir à une partie de l’opposition.



Dans ce contexte, chaque évolution concernant des personnalités politiques ou des procédures judiciaires fait désormais l’objet d'une attention particulière. La reprise de certaines démarches administratives ou l'évolution de dossiers judiciaires sont perçues comme de possibles indicateurs de l'orientation que pourrait prendre le processus.



Mais à ce stade, il serait prématuré de parler d'une véritable détente politique. L'annonce présidentielle constitue surtout le début d'un processus dont les modalités, la composition et l'agenda doivent encore être précisés.



La présidence a présenté la démarche comme un moyen de renforcer la cohésion nationale et la stabilité des institutions, dans le respect de la Constitution. Les confessions religieuses, de leur côté, ont appelé les Congolais à s'inscrire dans cette dynamique, alors que le pays reste confronté à une grave crise sécuritaire dans l'Est.



Le véritable enjeu se situe désormais dans la préparation du terrain. Pour le pouvoir, il s'agit de transformer l'annonce du 17 juillet en un cadre de concertation crédible. Pour l'opposition, l'ouverture d'un dialogue devra être accompagnée d'actes permettant de garantir la liberté de participation des différents acteurs.



Les prochaines semaines devraient donc permettre de mesurer la portée réelle de cette initiative. Au-delà de l'annonce politique, c'est la capacité des différents protagonistes à instaurer un climat de confiance qui déterminera si le dialogue annoncé peut devenir un véritable instrument d'apaisement en RDC.







Léna Keïra

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