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RDC : Lancement des États Généraux de la Justice, un Appel à la Réforme Profonde du Système Judiciaire Congolais


Le mercredi 6 novembre 2024, le Centre financier de Kinshasa a accueilli l'ouverture des États Généraux de la Justice sous le thème central : « Pourquoi la Justice congolaise est-elle malade ? Quelle thérapie pour la guérir ? ». Ce rendez-vous crucial marque un tournant dans le processus de réformes du secteur judiciaire en République Démocratique du Congo, qui fait face à de nombreux défis, tant structurels qu’institutionnels.


 

L’événement a réuni une pléiade de personnalités et d'acteurs clés du système judiciaire congolais, dans un contexte où la justice est perçue par une large partie de la population comme lente, inefficace et parfois corrompue. Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, a officiellement lancé la cérémonie, entouré des principaux responsables du secteur judiciaire, notamment le bâtonnier national, le premier président de la Cour Constitutionnelle et le ministre d'État en charge de la Justice et Garde des Sceaux.

 

 

Lors des discours inauguraux, le constat était unanime,  la justice congolaise souffre d'une profonde crise, marquée par une lenteur dans le traitement des dossiers, une corruption généralisée et un manque de ressources humaines et matérielles. Le bâtonnier national a mis en exergue l'inefficacité du système, rappelant que la justice, censée être un pilier de la démocratie, est souvent perçue comme une institution qui dessert les citoyens au lieu de les servir. De son côté, le premier président de la Cour Constitutionnelle a souligné l'importance de garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire, condition sine qua non pour redonner confiance aux Congolais.

 

 

Les États Généraux de la Justice ont pour objectif d’identifier les causes profondes de cette "maladie" de la justice et de proposer des solutions concrètes pour y remédier. Après les allocutions d’ouverture, les participants ont été invités à prendre part à des groupes de réflexion thématiques. Ces groupes, au nombre de huit, se concentreront sur des problématiques spécifiques, allant de l’amélioration de la formation des juges à la lutte contre la corruption, en passant par la révision du cadre législatif et la mise en place d’infrastructures adaptées.


 

Une méthodologie participative est prévue, permettant à tous les acteurs concernés, y compris les avocats, les magistrats, les organisations de la société civile et les experts internationaux, de contribuer activement aux discussions. Le ministre de la Justice, quant à lui, a mis l'accent sur l'importance de renforcer la coopération entre les institutions et d'assurer une meilleure gouvernance pour garantir la pérennité des réformes envisagées.


 

Dans son discours, le Président Félix-Antoine Tshisekedi a affirmé son engagement résolu à soutenir les réformes du secteur judiciaire, soulignant que ces États Généraux marquent le début d’un processus qui nécessitera une volonté politique forte et des actions concrètes à court et moyen terme. Selon lui, la refonte du système judiciaire est essentielle pour établir un véritable état de droit et permettre à tous les citoyens congolais de bénéficier d’une justice impartiale et équitable.

 


Le Président Tshisekedi a également insisté sur l’importance de la lutte contre l’impunité et a appelé à une responsabilisation accrue des magistrats et des responsables judiciaires. « La justice doit être un véritable rempart contre l’injustice et l’inégalité, et non un instrument de pouvoir entre les mains de quelques-uns », a-t-il souligné.

 

 

Les États Généraux de la Justice s’annoncent comme une étape déterminante pour l'avenir de la justice en République Démocratique du Congo. Bien que les défis à surmonter soient colossaux, ce processus de réflexion et de consultation constitue une opportunité unique pour repenser le système judiciaire congolais, en faisant de l’indépendance de la justice et de la lutte contre la corruption des priorités absolues.


Il faut retenir que, un total de 3 500 personnes participent à ces assises au centre financier de Kinshasa.

 

Il reste désormais à concrétiser les propositions et à mettre en œuvre les réformes nécessaires. Le succès de ces États Généraux dépendra de l'engagement de toutes les parties prenantes, mais aussi de la volonté politique du gouvernement, qui semble déterminé à remettre la justice au cœur du développement démocratique et économique de la RDC.

 

 

 



Léna Keïra

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