Présidentielle 2025 en Côte d’Ivoire : l’opposition privée de ses figures clés
- Excelsior INFO
- 4 juin 2025
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La course à la présidentielle ivoirienne prévue en octobre 2025 se jouera sans plusieurs figures majeures de l’opposition. La Commission électorale indépendante (CEI) a publié mercredi la liste électorale définitive, sur laquelle ne figurent ni Tidjane Thiam, ni Laurent Gbagbo, ni Charles Blé Goudé, ni Guillaume Soro. Tous sont exclus du processus électoral.
Tidjane Thiam, président du PDCI, a été radié en avril à la suite d’une décision judiciaire remettant en cause sa nationalité ivoirienne lors de son inscription. Il a depuis porté l’affaire devant le Comité des droits de l’homme des Nations Unies, estimant être victime d’une exclusion arbitraire.
Les anciens dirigeants Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et Guillaume Soro, déjà absents lors des précédentes élections, restent écartés en raison de condamnations judiciaires passées. Aucun n’a été réintégré sur la liste électorale.
La CEI a confirmé qu’aucune révision ne sera engagée avant le scrutin, malgré les demandes répétées de l’opposition. Le président de l’institution, Ibrahime Kuibiert Coulibaly, a invoqué des délais techniques incompatibles avec l’échéance électorale.
Face à ce blocage, l’opposition tire la sonnette d’alarme. Simone Gbagbo, candidate déclarée et ancienne Première dame, alerte sur les risques d’un scrutin sous tension : « Le climat n’est pas propice à une élection paisible. Le gouvernement doit s’ouvrir au dialogue. »
Depuis avril, les partis de Thiam et Gbagbo ont suspendu leur participation aux activités de la CEI, qu’ils accusent de partialité. La CEI, quant à elle, défend son indépendance, assurant ne recevoir aucune directive politique.
Alors que le président sortant Alassane Ouattara n’a pas encore annoncé s’il briguera un quatrième mandat, son parti, le RHDP, devrait se prononcer lors d’un congrès prévu les 21 et 22 juin. Une candidature d’Ouattara reste donc possible.
Dans un pays où près de la moitié de la population a moins de 18 ans et où les tensions électorales sont récurrentes, l’exclusion de poids lourds de l’opposition pourrait peser lourdement sur la légitimité et la sérénité du scrutin à venir.
Léna Keïra




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