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Niger : une fin de mandat sous tension pour Mohamed Bazoum ‎


Ce 2 avril 2026 marque, en principe, la fin du mandat présidentiel de Mohamed Bazoum. Mais dans un pays où l’ordre constitutionnel a été interrompu par un coup d’État, cette date symbolique soulève davantage de questions qu’elle n’apporte de réponses.



‎Renversé le 26 juillet 2023 par des militaires dirigés par Abdourahamane Tiani, l’ancien chef de l’État est depuis maintenu en détention à Niamey. Une situation inédite qui brouille totalement les repères juridiques et institutionnels.



‎La Constitution nigérienne prévoit une durée bien définie pour le mandat présidentiel. En temps normal, celui-ci ne peut être interrompu que dans des conditions précises comme la démission, l’empêchement officiel ou la vacance du pouvoir.



‎Or, dans le cas de Mohamed Bazoum, aucun de ces mécanismes n’a été formellement activé. Pour certains juristes, cela signifie que, sur le plan strictement légal, son mandat suit son cours jusqu’à son terme, même s’il est dans l’incapacité d’exercer ses fonctions.



‎D’autres estiment au contraire que le coup d’État a suspendu de fait l’ordre constitutionnel, rendant toute interprétation juridique classique difficile, voire caduque.



‎Au-delà du droit, la situation actuelle s’inscrit dans un rapport de force politique. La junte au pouvoir semble utiliser la détention du président déchu comme un levier stratégique.



‎Certains analystes avancent que la présence de Mohamed Bazoum entre les mains des militaires pourrait dissuader toute intervention extérieure. Sa libération, dans ce contexte, pourrait être perçue comme un risque pour la stabilité du régime en place.



‎Ainsi, cette date du 2 avril 2026 ne marque pas une transition claire, mais plutôt l’enlisement d’une crise profonde. Entre légitimité constitutionnelle et réalité du pouvoir militaire, le Niger reste plongé dans une zone grise où les institutions peinent à retrouver leur cohérence.



‎L’avenir politique du pays dépendra désormais de l’évolution des rapports de force internes, mais aussi des pressions internationales en faveur d’un retour à l’ordre démocratique.





Léna Keïra


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