top of page

Mort de l’ayatollah Ali Khamenei : l’Iran sous le choc après des frappes américano-israéliennes

L’Iran traverse l’un des moments les plus critiques de son histoire contemporaine. Les autorités iraniennes ont confirmé, dimanche 1er mars, la mort du guide suprême Ali Khamenei, tué lors d’une opération militaire menée conjointement par les États-Unis et Israël.



‎L’annonce, d’abord faite par le président américain Donald Trump, a été confirmée par la télévision d’État iranienne quelques heures plus tard. À Téhéran, des rassemblements spontanés ont eu lieu, mêlant scènes de deuil, slogans hostiles à Washington et Tel-Aviv, et démonstrations de loyauté au régime.

‎Âgé de 86 ans, Ali Khamenei dirigeait la République islamique depuis 1989, succédant à Rouhollah Khomeini. Pendant près de quatre décennies, il a concentré l’essentiel du pouvoir politique, religieux et militaire du pays.



‎Sa mort marque un tournant majeur pour un système institutionnel construit autour de son autorité. Selon les médias officiels, une direction collégiale provisoire a été mise en place, associant le président Masoud Pezeshkian, le chef du pouvoir judiciaire et un représentant du Conseil des gardiens. Cette transition intervient dans un contexte de tension extrême.



‎Dans la nuit précédant l’annonce officielle, Israël a mené une nouvelle série de frappes contre des installations militaires iraniennes, visant notamment des systèmes de défense antiaérienne et des lanceurs de missiles. L’armée israélienne affirme avoir éliminé plusieurs hauts responsables, dont le chef des Gardiens de la Révolution.



‎Téhéran a répliqué par des tirs de missiles en direction d’Israël et de positions stratégiques dans la région. Plusieurs pays du Golfe ont signalé des incidents liés à ces représailles, faisant craindre une extension du conflit à l’ensemble du Moyen-Orient.



‎La montée des tensions intervient dans un contexte déjà explosif depuis l’attaque du Hamas contre Israël en octobre 2023 et les affrontements indirects entre l’Iran et l’État hébreu sur différents théâtres régionaux.



‎Figure centrale du régime théocratique, Ali Khamenei était à la fois chef religieux et autorité politique suprême. Sous sa direction, l’Iran a renforcé son influence régionale via les Gardiens de la Révolution et des alliances stratégiques au Liban, en Irak et en Syrie.



‎Son mandat a également été marqué par de vives contestations internes. En 2009, le « Mouvement vert » a dénoncé la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad. Plus récemment, en 2022, la mort de Mahsa Amini a déclenché une vague de manifestations sans précédent sous le slogan « Femmes, Vie, Liberté ».


‎Critiqué pour la répression des opposants et l’aggravation de la crise économique sous l’effet des sanctions internationales, Khamenei restait néanmoins le pilier du système.



‎Depuis l’annonce de son décès, les réactions internationales se multiplient. Le fils de l’ancien chah, Reza Pahlavi, a estimé que cette disparition ouvrait la voie à une transformation profonde du pays.



‎À l’intérieur de l’Iran, le climat reste partagé entre crainte d’un durcissement sécuritaire et espoir d’un changement politique. Les Gardiens de la Révolution ont promis une riposte « sévère », laissant planer le risque d’une confrontation élargie.



‎La disparition d’Ali Khamenei ne met pas fin aux tensions ; elle pourrait au contraire en être le catalyseur. La question de la succession, longtemps évitée publiquement, devient centrale. La stabilité du pays dépendra autant des équilibres internes que de l’évolution du bras de fer avec Washington et Tel-Aviv.



‎Au-delà de l’Iran, c’est l’ensemble de l’équilibre stratégique du Moyen-Orient qui se retrouve fragilisé. Entre transition politique délicate et menace d’embrasement régional, les prochains jours s’annoncent décisifs.






Léna Keïra

Commentaires


Copyright © 2024. Excelsior

bottom of page