Mali : vers une présidence prolongée sans élections pour Assimi Goïta
- Excelsior INFO
- 13 juin 2025
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Le Mali s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la consolidation du pouvoir militaire. Le gouvernement de transition, dirigé par le général Assimi Goïta, a adopté mercredi 11 juin un projet de loi qui pourrait lui permettre de rester président pendant au moins cinq ans supplémentaires, sans passer par les urnes.
Ce texte, approuvé en conseil des ministres, propose de conférer à Goïta un mandat de cinq ans, renouvelable, à partir de 2025. Aucun scrutin ne serait nécessaire pour valider cette prolongation. Cette mesure, qui renforce la mainmise de l’actuel chef de l’État sur le pouvoir, doit désormais être soumise à l’approbation du Conseil national de transition, l’organe législatif installé après les putschs successifs de 2020 et 2021.
Ce développement politique va à l’encontre des engagements pris précédemment par le général Goïta, qui avait promis de transférer le pouvoir à un régime civil au plus tard en mars 2024.
Cette décision s’appuie sur les conclusions d’une concertation nationale tenue plus tôt cette année, à l’initiative du pouvoir militaire. Ce cadre consultatif, largement boycotté par les partis politiques maliens, a recommandé que Goïta reste à la tête de l’État pour une nouvelle période de cinq ans, sans élection. Il a également proposé de mettre en pause toutes les opérations électorales tant que le pays ne sera pas "stabilisé".
Parallèlement, les mêmes assises ont suggéré la suppression des partis politiques, une mesure que le gouvernement a depuis mise en œuvre, suscitant de vives critiques sur la scène nationale et internationale.
Sur le plan sécuritaire, le Mali reste confronté à une instabilité chronique. Depuis 2012, le pays fait face à des attaques régulières menées par des groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, ainsi qu’à des conflits intercommunautaires.
Dernièrement, l’armée malienne a subi une lourde attaque dans le centre du pays. Le camp militaire de Boulkessi a été pris pour cible, causant la mort d’au moins 30 soldats selon des sources locales. Cet incident illustre les défis persistants auxquels les forces armées font face, dans un contexte où la sécurité est fréquemment invoquée pour justifier le report de la démocratie.
Léna Keïra




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