Guinée : la mort de Claude Pivi en détention clôt un chapitre judiciaire majeur
- Excelsior INFO
- 7 janv.
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Le décès en détention du colonel Claude Pivi marque un tournant symbolique dans l’un des dossiers judiciaires les plus sensibles de l’histoire récente de la Guinée. Figure centrale de l’appareil sécuritaire sous le régime du capitaine Moussa Dadis Camara, l’ancien chef de la sécurité présidentielle est mort le 6 janvier 2026 alors qu’il purgeait une peine de réclusion criminelle à perpétuité.
Selon les autorités judiciaires, Claude Pivi a succombé à des complications de santé alors qu’il avait été transféré en urgence dans un hôpital militaire. Le parquet général a annoncé l’ouverture d’une procédure médico-légale afin d’établir avec précision les circonstances du décès, soulignant la nécessité de transparence dans une affaire à forte portée nationale et internationale.
Cette disparition intervient moins de deux ans après l’issue d’un procès historique consacré aux événements du 28 septembre 2009. Ce jour-là, une répression sanglante d’un rassemblement politique au stade de Conakry avait provoqué un choc durable au sein de la société guinéenne et suscité une indignation mondiale. Les violences, attribuées à des unités des forces de défense et de sécurité, avaient été qualifiées par des instances internationales de possibles crimes contre l’humanité.
Claude Pivi figurait parmi les principaux responsables militaires mis en cause dans ce dossier. Sa condamnation à la prison à vie, assortie d’une longue période de sûreté, avait été perçue comme une avancée majeure dans la lutte contre l’impunité en Guinée, après plus d’une décennie d’attente pour les victimes et leurs familles.
La mort de l’ancien officier soulève désormais plusieurs interrogations, notamment sur la poursuite des démarches mémorielles et réparatrices liées au massacre de 2009. Pour de nombreux observateurs, elle rappelle aussi les limites de la justice pénale face au temps, à l’âge et à l’état de santé des accusés dans les procès pour crimes de masse.
Au-delà du cas individuel, cet événement ravive le débat sur la responsabilité de l’État guinéen dans la préservation de la vérité judiciaire, la reconnaissance des souffrances endurées et la consolidation de l’État de droit. Si le verdict du tribunal demeure, la disparition de l’un de ses condamnés emblématiques laisse une trace ambivalente dans le long processus de justice transitionnelle engagé par le pays.
Léna Keïra




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