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Faire son métier ne devrait pas coûter sa sécurité

Le 21 juillet 2025, l’Association professionnelle Journalisme et Éthique Congo (JEC) a tiré la sonnette d’alarme dans un communiqué officiel. Elle y fait part de vives inquiétudes concernant la sécurité de la journaliste indépendante Rosie Pioth, dont le travail d’enquête semble désormais déranger certains cercles opaques.


À la tête de Fact Checking Congo et ancienne collaboratrice d’Africanews, Rosie Pioth mène depuis plusieurs mois une série d’investigations sensibles sur les attentats à la bombe survenus à Brazzaville en 1982. Plus de quatre décennies après les faits, la journaliste met en lumière les récits de victimes encore en quête de vérité et de reconnaissance.


Mais cette démarche de mémoire et de justice n’est pas sans conséquences. Selon plusieurs sources, des pressions anonymes se sont intensifiées à l’encontre de la journaliste depuis la préparation de cette série. Rosie Pioth, désormais difficile à joindre, vivrait dans un climat de peur et d’incertitude, craignant pour sa vie et celle de ses proches.


La JEC dénonce une situation où « exercer le journalisme devient un acte de bravoure », et appelle les autorités congolaises à garantir pleinement la liberté de la presse. Elle rappelle que l’intimidation des journalistes ne constitue pas seulement une atteinte aux droits fondamentaux, mais ternit également l’image de la République du Congo sur la scène internationale.


Malgré les menaces, le premier épisode de l’enquête a été publié le 17 juillet 2025 sur le site Fact Checking Congo, sous le titre “Maya-Maya : l’attentat que personne n’attendait”. Cependant, l’avenir de la série demeure incertain. Les conditions de sécurité de la journaliste pèseront lourd dans la décision de poursuivre ou non cette publication.


Classée 71e sur 180 au dernier classement mondial de la liberté de la presse par Reporters sans frontières, la République du Congo est une fois de plus confrontée à la question cruciale de la protection des voix indépendantes.


L’affaire Rosie Pioth n’est pas seulement celle d’une journaliste menacée, elle incarne le combat pour une information libre et pour la mémoire collective d’un pays encore hanté par ses silences.




Léna Keïra

 
 
 

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