Ebola en RDC : le bilan franchit un seuil historique en trois mois
- Excelsior INFO
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La République démocratique du Congo fait face à une flambée d’Ebola d’une ampleur exceptionnelle. Déclarée en mai dernier dans la province de l’Ituri, l’épidémie a désormais causé davantage de décès que la précédente grande crise sanitaire enregistrée entre 2018 et 2020.
D’après le dernier bilan communiqué par les autorités congolaises, arrêté au 15 août, 4 945 cas confirmés ont été recensés depuis le début de l’épidémie. Le nombre de décès s’élève à 2 325, tandis que 1 040 personnes ont été déclarées guéries.
Quelque 730 patients restent actuellement pris en charge dans des structures d’isolement ou de soins.
Avec une létalité estimée à 47 %, cette nouvelle flambée constitue un défi majeur pour le système sanitaire congolais.
Partie de l’Ituri, où se concentre encore la majorité des cas, la maladie s’est progressivement étendue à cinq autres provinces : le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé, le Bas-Uélé et la Tshopo.
Au total, 55 zones de santé sont concernées. Cette progression est particulièrement préoccupante dans une partie orientale du pays marquée par d’importants déplacements de populations. Les difficultés d’accès à certaines localités compliquent également le travail des équipes médicales et des acteurs humanitaires.
La souche identifiée est celle du virus Ebola Bundibugyo. Selon l’Organisation mondiale de la santé, aucun vaccin ni traitement spécifique contre cette souche n’est actuellement homologué, ce qui réduit les possibilités de prise en charge ciblée.
Au-delà de la propagation géographique du virus, les équipes sanitaires doivent composer avec la réticence d'une partie de la population à fréquenter les centres de traitement.
Dans plusieurs communautés de l’Ituri, des personnes présentant des symptômes préfèrent rester chez elles ou recourir à des soins à domicile. Cette situation peut retarder le diagnostic et augmenter le risque de contamination des proches.
À Bunia, les autorités tentent parallèlement de renforcer les mesures d’hygiène, notamment dans les marchés et les lieux très fréquentés.
La mobilisation des équipes médicales et des agents chargés des enterrements sécurisés se heurte aussi à des difficultés financières et logistiques. Des personnels intervenant dans la riposte ont notamment réclamé le versement de leurs primes.
Le financement constitue un autre point de tension. Le plan commun de préparation et de riposte élaboré par l’OMS et Africa CDC nécessite 518 millions de dollars, mais seulement 264 millions de dollars avaient été réunis à la mi-août.
Le dispositif de surveillance des personnes ayant été en contact avec des malades fait également l’objet de préoccupations. Les acteurs de la riposte estiment que les chiffres disponibles pourraient ne pas rendre compte de l’ensemble des contacts à risque.
L’évolution de la situation est suivie avec attention dans les pays voisins, notamment en Ouganda. Ce dernier a recensé 20 cas confirmés et deux décès avant d’annoncer ne plus avoir de patient infecté à la mi-juillet.
La forte mobilité des populations entre les deux pays maintient toutefois une vigilance élevée. Pour les organisations sanitaires internationales, la maîtrise de l’épidémie en RDC reste donc essentielle pour éviter une nouvelle propagation régionale.
Des vaccins et traitements expérimentaux sont par ailleurs évalués contre le virus Bundibugyo. En attendant d’éventuelles avancées, les autorités congolaises misent sur la détection rapide des cas, l’isolement des patients, le suivi des contacts et les mesures d’hygiène.
En cas de symptômes suspects, la population est invitée à contacter gratuitement le numéro 151.
Léna Keïra




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