Dernier adieu à Firmin Ayessa, figure majeure de la vie politique congolaise
- Excelsior INFO
- 25 févr.
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La République du Congo a rendu un hommage solennel à l’un de ses serviteurs les plus engagés. Décédé le 17 février à Istanbul, en Turquie, le ministre d’État Firmin Ayessa a reçu les honneurs de la Nation lors d’une cérémonie organisée le 23 février au Palais des congrès de Brazzaville, en présence du chef de l’État Denis Sassou N’Guesso et de nombreuses personnalités.
Figure influente de la vie politique congolaise, membre actif du Parti congolais du travail, Firmin Ayessa a marqué durablement les institutions nationales par sa loyauté et son engagement constant aux côtés du président de la République.
Au cours de la cérémonie, le président Denis Sassou N’Guesso a déposé une gerbe de fleurs avant de signer le livre de condoléances. Dans un message personnel particulièrement émouvant, il a écrit « Très cher Firmin, tu as magnifié la foi et le courage, tu as sublimé la fidélité que tu n’as cessé de nouveau, tu as exalté ton exemplaire loyauté. Comment pourrai-je l’oublier, comment pourrai-je t’oublier ? Repose en paix et que la terre du Congo, notre bien commun que tu as tant aimé, te soit légère ! »
L’exposition photographique retraçant le parcours du disparu a permis aux participants de revisiter les grandes étapes d’une carrière jalonnée de responsabilités stratégiques.
Prononçant l’oraison funèbre, le ministre d’État Gilbert Ondongo a rappelé l’influence déterminante qu’exerçait Firmin Ayessa, tant sur la scène publique que dans les coulisses du pouvoir « Le fin stratège Firmin Ayessa a été de toutes les batailles politiques du président de la République, qu’elles soient nationales ou internationales. Le ministre d’Etat, directeur de cabinet du président de la République, avait toujours un rôle à jouer. Ce rôle pouvait être public comme celui de directeur national de la campagne du candidat Denis Sassou N’Guesso à l’élection présidentielle de 2009 et à celle de 2016.
Son rôle pouvait être aussi joué dans l’ombre, comme c’était le cas en 2015 au moment où, suivant le bon sens, il avait fallu proposer au peuple congolais le changement de Constitution »
Son sens du dialogue a également été souligné, notamment dans ses échanges avec les acteurs de l’opposition.
Parmi les témoignages marquants, celui de Claudine Munari, présidente du Mouvement pour l’unité, la solidarité et le travail, qui a salué l’homme derrière le responsable politique « Nous pleurons Firmin Ayessa, nous sommes nombreux à le pleurer parce que c’était un homme bon. Un bon compatriote, toujours jovial, toujours disposé à avancer avec les autres. Et pourtant, nous ne sommes pas du même bord (lui et moi), mais nous avions une très belle amitié, c’était quelqu’un de bien et nous le pleurons aujourd’hui »
Le député Yves Fortuné Moundelé-Ngollo Ehourossia a également exprimé sa profonde tristesse « Je perds un papa, un monsieur très bienveillant, toujours disposé à écouter, à conseiller, à accompagner les plus jeunes. Nous sommes très attristés et l’hommage qui vient de lui être rendu à la fois par l’oraison funèbre lue par le ministre d’Etat, Gilbert Ondongo, mais également par le mot du président, nous a plongés encore dans une tristesse. Mais, que voulez-vous ? Ainsi va la vie, il va falloir continuer, il va falloir vivre cette élection sans lui, il va falloir apprendre à vivre sans lui »
L’émotion a également dépassé les frontières. L’ambassadeur de Turquie au Congo, Hilmi Ege Türemen, a transmis le message de compassion de son pays« Au nom de mon pays, celui de mon président de la République de Turquie qui, d’ailleurs, a envoyé un message de condoléances à son homologue congolais par voie diplomatique, nous exprimons nos condoléances les plus sincères... En tout cas, avec le défunt, nous avons eu de très bonnes relations, des relations professionnelles ainsi que des relations qui unissent nos deux pays. Avec sa disparition, c’est quelque chose qui touche la Turquie mais aussi le Congo »
Inhumé le 24 février à Ondza, son village natal situé près de Makoua, Firmin Ayessa laisse l’image d’un haut responsable d’État décoré Grand Officier de l’Ordre national du Mérite congolais et Commandeur de l’Ordre national de la paix.
Son départ marque la fin d’un parcours politique dense, mais son empreinte demeure vivace dans l’histoire contemporaine du Congo.
Léna Keïra




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