Cameroun : le procès Martinez Zogo franchit un tournant avec l’examen de nouvelles preuves numériques
- Excelsior INFO
- il y a 11 heures
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Le procès relatif à l’enlèvement et à l’assassinat du journaliste camerounais Martinez Zogo connaît une nouvelle phase importante devant le Tribunal militaire de Yaoundé. Lors de l’audience du 1er juin 2026, les juges ont examiné plusieurs éléments issus d’expertises numériques destinées à éclairer les circonstances du crime qui avait bouleversé l’opinion publique camerounaise en janvier 2023.
Au cœur des débats figurait le témoignage d’un spécialiste en analyse de données numériques chargé d’exploiter le contenu de téléphones saisis dans le cadre de l’enquête. Les investigations techniques présentées à la barre visent notamment à retracer les échanges entre plusieurs accusés et à établir la chronologie des événements ayant précédé la disparition du journaliste.
Les audiences ont également permis de mettre en lumière des documents et contenus numériques considérés comme des pièces importantes du dossier. Selon plusieurs médias présents au tribunal, ces éléments pourraient contribuer à mieux comprendre les relations entre certains prévenus et leur rôle présumé dans l’affaire.
Martinez Zogo, de son vrai nom Arsène Salomon Mbani Zogo, s’était imposé comme l’une des voix médiatiques les plus connues du Cameroun grâce à ses émissions consacrées à la dénonciation de la corruption et des abus de pouvoir. Son enlèvement le 17 janvier 2023, suivi de la découverte de son corps cinq jours plus tard à la périphérie de Yaoundé, avait provoqué une vive émotion dans le pays et au-delà.
Le dossier implique plusieurs personnalités issues des milieux sécuritaires, économiques et médiatiques. Parmi les accusés figurent notamment Léopold Maxime Eko Eko, ancien responsable de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE), le lieutenant-colonel Justin Danwe ainsi que l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga, qui contestent les accusations portées contre eux.
Ouvert officiellement en mars 2024, le procès n’est véritablement entré dans sa phase de fond qu’en septembre 2025, après plusieurs reports et débats procéduraux. Les prochaines audiences devraient poursuivre l’examen des expertises techniques et des témoignages, alors que les familles, les organisations de défense des droits humains et les professionnels des médias continuent de suivre de près cette procédure.
La prochaine audience du procès est attendue dans les prochains jours au Tribunal militaire de Yaoundé, dans une affaire qui demeure l’une des plus sensibles de l’histoire récente du Cameroun et un enjeu majeur pour la lutte contre l’impunité des crimes commis contre les journalistes.
Léna Keïra




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