Burkina Faso : vers la disparition du système partisan sous le régime de transition
- Excelsior INFO
- il y a 4 jours
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Les autorités de transition au Burkina Faso ont enclenché une nouvelle étape majeure dans la reconfiguration du paysage politique national. Réuni en conseil des ministres le 29 janvier, le gouvernement a annoncé l’élaboration d’un projet de loi prévoyant la dissolution pure et simple des partis politiques, une décision présentée comme une réforme structurelle de la gouvernance.
Selon les autorités, cette initiative découle d’une évaluation approfondie du fonctionnement du système partisan. La présidence estime que la prolifération des formations politiques a contribué à accentuer les clivages sociaux et à affaiblir la cohésion nationale, dans un contexte déjà marqué par l’insécurité et l’instabilité institutionnelle.
Le texte, qui sera prochainement transmis à l’Assemblée législative de transition, prévoit également que les biens et ressources des partis dissous soient transférés à l’État. Le ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Émile Zerbo, a justifié cette orientation par la nécessité de corriger ce qu’il qualifie de dérives juridiques et organisationnelles du cadre politique existant.
Depuis le coup d’État du 30 septembre 2022, qui a porté le capitaine Ibrahim Traoré au pouvoir, les activités des partis politiques étaient déjà gelées. Ce putsch avait lui-même renversé un précédent régime militaire dirigé par le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, aujourd’hui détenu après son extradition récente du Togo.
Le pouvoir actuel revendique ouvertement une rupture avec le modèle démocratique classique. Se réclamant d’une ligne souverainiste et anti-impérialiste, le capitaine Traoré a fait adopter une charte de transition lui permettant de prolonger son mandat pour cinq années supplémentaires, tout en assumant un éloignement progressif des partenaires occidentaux.
Léna Keïra




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