Absence de justice pour Dina, le seul accusé a été libéré
- Excelsior INFO
- 19 déc. 2024
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Le 26 mars 2023, le décès tragique de Jeannah "Dina" Danys Dinabongho Ibouanga, une jeune étudiante gabonaise de 17 ans, a choqué l'opinion publique, tant au Gabon qu'en Turquie. Son corps a été retrouvé sans vie dans un ruisseau en Turquie, et l'affaire a rapidement attiré l'attention internationale. Cependant, le 17 décembre 2024, un verdict inattendu a été rendu par le tribunal de Karabük, acquittant l'unique accusé, un homme de 55 ans, qui avait été jugé pour assassinat et agression sexuelle. Cette décision, jugée controversée, a alimenté la colère et l'incompréhension, non seulement de la famille de Dina, mais aussi des défenseurs des droits humains.
Le principal suspect, qui avait reconnu avoir transporté Dina avant sa mort, a été jugé non coupable malgré les demandes du procureur de le condamner. Le père de Dina, Guy Serge Ibouanga, a exprimé son désarroi, déclarant « C’est triste ! Nous sommes effondrés par la décision annoncée par le tribunal, sans peine, sans rien ! Les mots nous manquent. Dina s’est donc donné la mort toute seule ? Non ! C’est un être humain qui a été assassiné. Assassiné ! »
La mère de Dina, Jessica Sandra Makemba Panga, a remis en question l'intégrité de l'enquête « Les enquêteurs et le tribunal n’ont pas voulu aller au bout de l’affaire, malgré les témoignages et les preuves indiquant que sa fille était harcelée, qu’elle avait subi des violences sexuelles et qu’elle avait tenté de trouver de l’aide ». Elle a également évoqué des pratiques racistes dans le traitement de l'affaire : « Pourquoi les enquêtes n’ont-elles pas été approfondies depuis le début ? »
Bien que cinq suspects aient été arrêtés dans les jours suivant la découverte du corps de Dina, la famille estime que l'enquête n'a pas exploré toutes les pistes. Des images de vidéosurveillance montrent la jeune fille courant pieds nus avant d'entrer dans la voiture du suspect acquitté, mais cette information n’a pas été suffisamment prise en compte. De plus, des témoins ont affirmé avoir vu Dina retenue contre son gré dans le sous-sol de son immeuble, et des messages qu’elle avait reçus suggéraient qu’elle était victime de harcèlement sexuel.
La famille de Dina, accompagnée de l'ONG « Les féministes pour Dina » une ONG Turque, reste déterminée à obtenir justice. L'organisation, qui défend les droits des femmes, a exprimé son soutien aux parents dans leur volonté de faire.
Léna Keïra




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