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700 millions $ levés : le Congo mise sur le long terme pour stabiliser sa dette ‎


La République du Congo a mobilisé 700 millions de dollars sur les marchés internationaux à travers une émission obligataire arrivant à maturité en janvier 2035. Au-delà du montant levé, l’opération marque surtout une étape dans la stratégie de reprofilage de la dette engagée par Brazzaville depuis son retour sur les marchés fin 2025.



‎Le titre, assorti d’un coupon de 9,5 %, constitue la plus longue échéance jamais obtenue par le pays sur le marché international. Le remboursement du principal interviendra progressivement à partir de 2031, selon un calendrier annuel.



‎Cette structuration permet aux autorités de réduire la pression immédiate sur la trésorerie publique, dans un contexte où plusieurs engagements arrivent à échéance dès mars 2026 sur le marché régional.




‎Plutôt qu’un financement de nouveaux projets, l’opération s’inscrit principalement dans une logique de gestion active du passif. Les fonds serviront notamment à racheter une partie de l’euro-obligation 2032 et à honorer des dettes contractées sur le marché sous-régional.



‎L’enjeu : éviter un « mur de dette » concentré sur le court terme et étaler les remboursements sur une durée plus longue. Selon les autorités, le carnet d’ordres aurait dépassé 2 milliards de dollars, signal d’un intérêt soutenu malgré le profil de risque du pays.



‎Cette nouvelle émission intervient quelques mois après une première levée internationale réalisée en novembre 2025, suivie d’une réouverture en décembre. Il s’agit toutefois de la première opération menée sous forme d’offre publique internationale, après des placements privés.



‎Le Congo demeure classé en catégorie spéculative (CCC+) par les agences de notation, reflétant une vulnérabilité persistante liée à la dépendance aux hydrocarbures et à l’exposition aux chocs externes.


‎À l’approche de l’élection présidentielle prévue le 15 mars 2026, la séquence financière prend également une dimension politique. La capacité du gouvernement à sécuriser des financements à plus long terme peut être interprétée comme un signal de stabilisation macroéconomique.



‎Mais pour les investisseurs, la trajectoire budgétaire, la gestion des revenus pétroliers et la discipline fiscale resteront déterminantes pour consolider cette dynamique.




‎En repositionnant sa dette sur des échéances plus longues, Brazzaville cherche ainsi à gagner du temps un temps précieux pour renforcer ses équilibres économiques et rassurer durablement les marchés.





Léna Keïra



 
 
 

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