top of page

Afrique du Sud : un mandat d’arrêt délivré contre Ngizwe Mchunu après sa condamnation pour outrage à la justice


La Haute Cour du Gauteng, siégeant à Pretoria, a délivré un mandat d’arrêt contre le militant culturel et personnalité médiatique sud-africaine Ngizwe Mchunu après l’avoir reconnu coupable d’outrage à la justice dans une affaire qui l’oppose au dirigeant des Economic Freedom Fighters (EFF), Julius Malema. La décision, rendue le 5 juin 2026, marque une nouvelle étape dans un bras de fer judiciaire qui suscite un vif intérêt en Afrique du Sud.



Au cœur du dossier figurent plusieurs déclarations publiques de Ngizwe Mchunu accusant Julius Malema d’avoir perçu des millions de rands de la part de ressortissants nigérians impliqués dans des activités criminelles, en échange d’une protection politique supposée accordée aux immigrés en situation irrégulière. L’activiste avait également multiplié les attaques verbales contre le leader de l’EFF lors d’interviews médiatiques et sur les réseaux sociaux.



Estimant ces accusations diffamatoires et dépourvues de preuves, Julius Malema avait saisi la justice. En mai 2026, la Haute Cour avait ordonné à Ngizwe Mchunu de retirer ses déclarations et de cesser toute nouvelle publication concernant ces allégations. Malgré ces injonctions, le tribunal a constaté que l’intéressé avait continué à diffuser les mêmes accusations les 20 et 21 mai, en violation directe des ordonnances judiciaires.



Dans son jugement, le tribunal a estimé que Mchunu avait « intentionnellement et illégalement » défié l’autorité de la justice. Le juge a alors ordonné l’émission immédiate d’un mandat d’arrêt ainsi qu’une peine de dix jours de détention pour outrage à la justice. Toutefois, la cour a suspendu l’exécution de cette sanction sous certaines conditions strictes.




Pour éviter son incarcération, Ngizwe Mchunu doit notamment publier des excuses publiques sans réserve sur l’ensemble des plateformes numériques qu’il a utilisées au cours des six derniers mois. Il doit également transmettre ces excuses aux médias ayant relayé ses déclarations et s’abstenir de toute nouvelle publication contenant les accusations visées par les décisions de justice.



Quelques heures après le verdict, l’ancien animateur radio a présenté des excuses officielles à la Haute Cour ainsi qu’à Julius Malema. Dans sa déclaration, il a reconnu la gravité de son comportement, affirmant avoir pleinement pris conscience de l’importance du respect des décisions judiciaires. Il a déclaré être « profondément repentant » et s’est engagé à ne plus tenir de propos diffamatoires contre le leader de l’EFF ni à manquer de respect à l’institution judiciaire.



Selon les termes de la décision, le mandat d’arrêt demeure suspendu pour une période de six mois. Si Ngizwe Mchunu récidive ou enfreint à nouveau les ordonnances du tribunal durant cette période, Julius Malema pourra demander l’exécution immédiate de la peine de prison ainsi que d’éventuelles sanctions supplémentaires.



Cette affaire met en lumière les tensions croissantes entre liberté d’expression et responsabilité publique dans le paysage politique sud-africain. Elle rappelle également que les tribunaux du pays entendent faire respecter leurs décisions, y compris lorsque celles-ci concernent des personnalités médiatiques influentes bénéficiant d’une large audience sur les réseaux sociaux.






Léna Keïra

 
 
 

Commentaires


Copyright © 2024. Excelsior

bottom of page