Afrique du Sud : Abuja prépare le retour volontaire de nombreux Nigérians face à un climat de tension
- Excelsior INFO
- 8 juin
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Le gouvernement nigérian a lancé une vaste opération destinée à identifier et accompagner ses ressortissants désireux de quitter l’Afrique du Sud, alors que plusieurs incidents liés à des mouvements hostiles aux immigrés suscitent une vive inquiétude au sein des communautés africaines établies dans le pays.
Selon les autorités nigérianes, les inscriptions ont débuté cette semaine auprès de la représentation diplomatique du Nigeria à Pretoria. À l’issue de cette procédure, Abuja prévoit d’organiser le retour volontaire de plus d’un millier de citoyens souhaitant regagner leur pays d’origine.
Cette démarche intervient dans un contexte marqué par la recrudescence de manifestations dénonçant la présence d’étrangers en Afrique du Sud. Plusieurs organisations de défense des droits humains et responsables africains ont signalé des cas d’intimidations, d’agressions et de menaces visant des migrants originaires de différents pays du continent.
Pour rassurer les personnes concernées, la mission diplomatique nigériane a indiqué avoir obtenu des garanties auprès des autorités sud-africaines. Les ressortissants participant au processus de recensement ne devraient pas être inquiétés pour d’éventuelles irrégularités administratives liées à leur statut migratoire durant la période précédant leur départ.
L’initiative du Nigeria fait suite à une opération similaire menée récemment par le Ghana, qui a déjà facilité le retour de plusieurs centaines de ses citoyens. D’autres pays africains suivent avec attention l’évolution de la situation, notamment ceux dont les communautés sont fortement représentées en Afrique du Sud.
Depuis plusieurs décennies, l’Afrique du Sud attire des travailleurs venus de différentes régions du continent grâce à la taille de son économie et aux opportunités qu’elle peut offrir. Cependant, les difficultés économiques persistantes, le chômage élevé et les inégalités sociales alimentent régulièrement des tensions autour de la question migratoire.
Face aux critiques, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a condamné les actes de violence visant les étrangers et réaffirmé l’engagement de son gouvernement en faveur de la coexistence et de l’unité africaine.
Cette nouvelle vague d’incidents relance le débat sur la libre circulation des personnes en Afrique et sur les défis auxquels sont confrontés les projets d’intégration continentale portés par l’Union africaine.
Plusieurs responsables africains appellent désormais à une réponse coordonnée afin de mieux protéger les migrants et de prévenir la répétition de violences à caractère xénophobe sur le continent.
Léna Keïra




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